Le groupe de solidarité de Mishiha : Le succès d’un partenariat impactant !

La crise économique fait partie des grands défis auxquels le Burundi est constamment confronté. Malheureusement, celle-ci touche en grande partie les personnes les plus vulnérables dont une majorité rurale. Dans une enquête menée par l’ISTEEB (Institut de Statistiques et d’Etudes Economiques du Burundi) de Mars 2020 à Février 2021, il a été déclaré que 43,7 % des ménages, c’est-à-dire presque la moitié de la population burundaise, sont pauvres (pauvreté monétaire). De plus, la proportion de la population pauvre est plus élevée en milieu rural (56,7%) qu’en milieu urbain (22,5%).

Photo SAD, Visite equipe UNICEF – SAD Cankuzo, Avril 2022

Dans le but de relever la situation économique des ménages ruraux, spécifiquement dans la province de Cankuzo, 33 groupes de solidarité ont été mis en place, accompagnés par la Social Action for Development dans toute la province grâce au projet « Renforcement du système communautaire de protection de l’enfant et appui à la prise en charge des enfants en mobilité ou à risque dans les provinces de Cankuzo et Ruyigi » financé par l’UNICEF.

Le projet a dans ses objectifs, l’accompagnement des ménages vulnérables à travers la création et l’appui aux groupements de solidarité dans la province de Cankuzo. Ces groupements permettent à leurs membres de renforcer les liens de solidarité et de cohésion sociale, de s’entraider, de faciliter l’accès aux ressources dans le but de pallier à certains problèmes socioéconomiques auxquels ils font face. Les groupements de solidarité mis en place, travaillent au quotidien pour assurer l’accès aux services sociaux de base et à la protection des enfants les plus vulnérables et marginalisés au sein de leurs communautés.  L’un des groupements de solidarité situé dans la commune Mishiha, en province de Cankuzo, se démarque amplement.

En action depuis maintenant une année, le groupe de solidarité a déjà atteint un niveau assez élogieux et manifeste un dynamisme sans pareil vis-à-vis de son évolution très admirable non seulement en termes d’épargne et de soutien à ses membres, mais aussi pour son engagement à offrir un environnement protecteur aux enfants à risque d’abus, de violences et d’exploitation, y compris les risques de traite et de trafic. Il comprend 25 membres qui se réunissent une fois la semaine dans le but de renforcer leur compétence de vie, l’entraide et la cohésion sociale.

Photo SAD, rencontre des membres d’un GS à Mishiha, Juillet 2022

“Le groupe est un moyen pour nous de nous entraider et nous épauler mutuellement avec comme avantage de se développer financièrement. Nous sommes tous égaux et avons les mêmes droits et devoirs les uns envers les autres. Nous nous devons tous respect et honnêteté ce qui nous a valu de comptabiliser en une année, un montant de 5.345.000 Fbu” .

Membre du groupe

Dans une localité où les enfants sont susceptibles d’être victimes de traite suite à la pauvreté des parents et leur proximité avec la Tanzanie, l’une des missions que s’est donné le groupe est de combattre ce fléau et d’aider les enfants survivants de la traite à reconstruire leur vie scolaire. Selon les entretiens menés par l’Agence Burundaise de Presse (ABP), il a été déclaré que plusieurs enfants sont transportés vers la République unie de la Tanzanie pour des différents travaux forcés. Paulin Sindayigaya, administrateur de cette commune, a révélé que la majorité des enfants victimes de cette traite a un âge compris entre sept et douze ans.

De plus, plusieurs membres disposent d’un élevage acquis grâce au prêt contracté dans le groupe de solidarité, dont la plupart ont déjà remboursé la somme. Le succès de ce groupe a engendré la création d’un deuxième groupe encadré par le premier. Il est clair que jusqu’à présent, le projet a un impact positif remarquable au sein de la communauté de Mishiha.


Photo SAD, visite membre GS Mishiha, mai 2022

“Grâce au groupe, nous pouvons maintenant nous faire soigner et faire soigner nos enfants en cas de maladie. Nos enfants sont scolarisés, ont le minimum nécessaire de survie grâce aux activités génératrices de revenus dans lesquelles nous avons investi et sont maintenant protégés contre les risques de trafic et de traite. Nous avons monté une boutique, nous cultivons et vendons nos produits, tout cela en payant nos impôts.”

Membre du groupe

De plus, plusieurs membres disposent d’un élevage acquis grâce au prêt contracté dans le groupe de solidarité, dont la plupart ont déjà remboursé la somme. Le succès de ce groupe a engendré la création d’un deuxième groupe encadré par le premier. Il est clair que jusqu’à présent, le projet a un impact positif remarquable au sein de la communauté de Mishiha.

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